mardi 25 mars 2008

Le bac S sera-t-il toujours la voie royale ?

Une réforme du bac qui ne porterait que sur ses modalités d’organisation serait inutile. Elle doit au contraire être ambitieuse, penser au pré et au post-bac, tout en gardant une valeur nationale à cet examen. Cependant, à la question « A quoi sert le bac ? », il semblerait judicieux d’y ajouter « Comment y arrive t-on ? ». Et là, les avis convergent et la réponse fuse, que son enfant soit en seconde, encore au collège, ou bien seulement en maternelle : « Il faut faire S, car avec S, on peut tout faire ! ». Derrière ce tout, permettant à des matheux de tenter hypokhâgne, se cache aussi un rien, qui ne permet plus à cette filière de former les scientifiques dont la France manque cruellement. Derrière ce tout se cache un frein majeur à la valorisation, ou à la revalorisation, des autres filières du lycée général et de l’enseignement technique et professionnel, car pour beaucoup d’élèves et leurs parents, l’impossibilité d’accéder à cette voie royale fait apparaître toute autre proposition comme une orientation par défaut.

Véronique Dintroz-Gass, présidente de l'Unapel

3 commentaires:

Edmée Echibam a dit…

Le choix du bac S n’a plus grand-chose à voir avec celui des sciences. Pas question de faire médecine, pharmacie ou kiné sans avoir fait S. Bon, admettons, on est dans le domaine scientifique, même si autrefois il y avait des médecins, et non des moindres, qui étaient issus d’autres bacs. Faire une grande école de commerce ? La finance demande sans doute une certaine agilité en maths, mais tout de même, la filière Es ne conviendrait-elle pas ? Non, il vaut mieux avoir choisi S. Et la litanie continue. Faire psycho ? On sort de S. La filière sport ? Encore S. Et même pour faire du droit – aucun rapport avec les sciences ou les maths – et bien, S ce serait peut-être mieux... Et, comble de l’absurde, les étudiants des prépas littéraires sortiraient en majorité de …S ! Evidemment, à côté de cette prédominance, les deux autres filières de bac général font pâle figure. La filière scientifique est la pépinière des bons élèves. Commentaire d’un élève de seconde avec qui on évoquait l’éventualité d’un passage en filière littéraire : « je ne veux pas me retrouver chez les nuls ! ». Donc pour faire du droit, du commerce international ou du journalisme, il va pendant deux ans s’astreindre à bûcher ses maths et ses sciences pour décrocher le fameux bac S. Le goût des sciences ? La passion des maths ? Rien à voir avec ce choix, qui relève de la seule stratégie, face à un principe de sélection absurde. Il serait peut-être temps d’arrêter ce gâchis !

Anonyme a dit…

Réponse à Edmée Echibam : certes il serait tps d'arrêter ce gachis, mais le probléme c'est qu'il ne s'arretera jamais ! Pourquoi? tout simplement parceque l'orgueil est omnipresent chez les jeunes et les adultes. Dire que sa fille/fils est en S ne fait il pas plaisir à dire ? Si bien sur ! Je n'ai rien contre les BTS et co bien au contraire ! Moi même étant en 1S je suis heureuse de dire aux autres, "oui moi je suis en S". Mais bon je suis qd même d'accord avec toi =)! et c'est sur que si il y avait eu BTS medecine (^^) je l'aurais fait parceque c'est clair qu'actuellement j'apprends des tas de trucs qui ne serviroont probablement à rien pour la medecine!!

Bisous <3
Clém.

jb a dit…

et pourquoi faudrait il une voie "royale"? c est tout le débat, nous sommes confrontés une société schizophrène qui veux une voie royale mais 80 % d'une classe d'age ayant le bac... il faudrait ainsi qu'il y est plus de chefs que d'indien... je crains que ça ne fonctionne pas ainsi, même en france.
Du coup la seule sélection acceptée par le système est celle du passage en S, après dire le mot sélection est déjà un crime de lèse majesté, normal me direz pour puisqu'il s agit de voie royale...